jeudi 22 septembre 2011

Andinisme, partie 4, le final !

Minuit, une heure, on vient nous secouer dans nos sacs, allez les jeunes, il faut se réveiller, s'équiper, manger un bout et on est parti : 1h30 à l'horloge.

A la queue leu leu, dans le silence de la nuit, on pose un pied devant l'autre, toujours la tête un peu embrouillée surtout que notre lit était en pente et dormir la tête plus bas que les pieds, ça n'aide pas... Les deux américains tracent la route avec deux guides tandis que nous avançons à notre rythme... de tortues, certes mais nous avançons. Cela fait peut-être une petite heure que nous marchons, déjà quelques arrêts et quelques faiblesses chez l'une de nos comparses victime depuis quelques temps d'une infection à l'estomac. Elle veut néanmoins poursuivre jusqu'à ce dernier stop où elles décident de redescendre...

Nous, nous poursuivons toujours très lentement mais nous avançons jusqu'au moment d'enfiler les crampons et de s'encorder ! Un peu chancelant, on plante les pointes dans un sol rocailleux et bientôt dans la glace et la neige ! Nous avons atteint le glacier ! Autour de nous, toujours la nuit mais avec elle, la pleine lune qui vient illuminer le paysage, les ombres des volcans alentours : l'Antisana (5 753 m), le Cayambe (5 785 m) et les Illinizas (5 248 m et 5 216 m) que nous avions fréquentés le lundi. Les pauses se font plus fréquentes, l'avancée moins marquée, les crampes font leur apparition, nous voyons bien que nous peinons. Notre guide tente de nous motiver mais quand on lui demande d'ici combien de temps on atteindrait le sommet à notre rythme... Réponse : d'ici 6 heures !


Aaaaaaaaaaaah, et là, on se dit que jamais on tiendra six heures comme ça, se flinguer, souffrir, peu pour nous, il s'agit quand même de nos vancances... Donc étant donné l'heure assez avancée, l'aurore s'annonce, nous décidons de redescendre mais tranquillement, abusant du panorama rien que pour nous et multipliant désormais les pauses photos ! Sacrée récompense tout de même pour nous, nous sommes ravis car nous avons néanmoins atteint les ... 5 400 m (le sommet du Coto est à 5 897 m) et nous voilà gratifiés d'un beau spectacle ! Je vous laisse à votre tour apprécier !



L'aurore est là !



Les Illinizas et la pleine lune





Glacier (photo de Chouchou)

Antisana (5 753 m)

Le soleil, enfin !

 Nous redescendons donc pas à pas, le crissement de nos crampons toujours dans la neige puis la rocaille et bientôt nous les retirons et nous ôtons les cordes pour nous laisser glisser en enfonçant nos talons dans le sol rocailleux/sablonneux. Et avec la fatigue, même cette partie plus facile s'avère compliquée et longue, très longue, nous chutons régulièrement et on se retrouve les fesses par terre ! L'occasion encore pour regarder autour de nous, ça reste appréciable ! Il est 7h du matin quand nous retrouvons le refuge, une petite boisson chaude et comme nos compagnons américains ont taillé la route vers le sommet et ne sont pas encore rentrés, nous, nous pouvons nous recoucher !




 9h... des voix connues m'éveillent et pour cause : les américains ! Croyez-le ils ont atteint le sommet et sont déjà de retour !!! Nous ne le croyons pas ! Enfin, ça en a coûté quelques nausées à l'un mais certes, ils l'ont fait et ils ont une vidéo bien sympa prise de là-haut ! Bémol : ils ont avancé si vite qu'ils ne semblent pas en avoir autant profité que nous, ils n'ont pas assisté au lever du soleil car ils étaient déjà passé de l'autre côté... à chacun donc son histoire, son souvenir et sa récompense !

Nous refaisons donc les sacs et nous apprêtons à faire notre dernier bout de marche en descente : du refuge à 4 810 m au parking à 4 500 m et à partir de là, on pourra souffler et faire nos dernières photos !


C'est la fin :(

Bilan de cette aventure andiniste, sur trois sommets envisagés, nous nous attribuons un 2/3 :
  • Rucu Pichincha, 4 696 m : atteint ! 1/1
  • Illinizas Norte : 5 126 m : non atteint mais première partie de la rando jusqu'au refuge à 4 700 m réalisée ! 0,5/1
  • Cotopaxi : 5 897 m : non atteint mais refuge à 4 810 m atteint et au-delà le glacier jusqu'à 5 400 m ! 0,5 / 1
Le bus nous attend sur le parking, on se délecte du Cotopaxi pour encore quelques minutes et nous retrouvons l'hosteria, on rend le matériel et on dit au revoir aux guides et à nos compagnons sans trop s'attarder parce que pour nous, les vacances se poursuivent et on ne veut pas en perdre une miette...

Bus n°1 attrapé sur la panaméricaine pour Tambillo puis bus n°2 pour la résidence (l'université ayant fait sa rentrée, les règles de vie sont reprécisées et donc, pas de garçons dans les couloirs ni dans les chambres euhhhhh... et mon Chouchou ?? Je vais informer la réception de sa présence et hop ça passe), on confirme les billets sur internet... ah oui ? des billets ? tiens, tiens, tiens ? mais vous allez où ???

Pour terminer notre semaine de vacances, nous partons pour Cuenca la douce, dans le sud de la Sierra et l'avion est en fin d'après-midi donc pas tellement de temps à perdre ! On troque le pantalon polaire pour une tenue plus décontractée, les chaussures de rando pour des baskets aaaaaaaaaaah, on n'est pas mal :-) Un taxi, des timbres et plein de cartes postales envoyées à vous tous ;-) et l'aéroport (une énième fois) ! Un avion Aerogal sur le tarmac, 17h45, on décolle et au-dessous de nous bientôt les mêmes volcans du matin : Antisana, Cayambe, COTOPAXI et d'autres encore que je n'avais jamais vus !!! Petit tour d'horizon vu du ciel :

Le Coto vu d'en haut et dire qu'on était dessus il y a quelques heures !

Cratère du Coto, celui qu'on n'a pas réussi à atteindre :(


Le volcan Tungurahua (5 073 m)

L'Altar et ses 9 pics

Le Sangay

Et la suite de nos aventures dans le prochain billet : Cuenca !

mercredi 21 septembre 2011

Andinisme, partie 3 : COTOPAXI, on arrive !

Reposés après une bonne nuit un peu plus bas en altitude (mais 3 000 m tout de même) et au chaud surtout, nous faisons connaissance avec nos guides et nos compagnons d'aventure pour... l'ascension du volcan Cotopaxi (5 897 m). Et dire qu'il y a un an, nous venions d'avoir grimpé le Mont Meru (4 562 m) en Tanzanie... souvenir comme un rendez-vous annuel en septembre avec les sommets !

12 septembre 2010 : au sommet du Meru en Tanzanie (4 562 m)
Avec lever du soleil sur le Kilimandjaro !
Et donc oui, les randonnées précédentes, les nuits en altitude c'était une préparation pour ce nouveau défi : un défi physique mais aussi la rencontre avec un volcan majestueux qui me fait de l'oeil depuis que je suis là (désolée mon Chouchou) ! Son nom indigène qui signifie "cou de la Lune" fait référence à son cône presque parfait et enneigé. De loin, je vous ai proposé régulièrement des photos mais voilà donc qu'en ce mardi 13, nous allons aller le fouler de nos pieds ! J'ajoute que c'est le volcan le plus actif du pays et que sa dernière éruption importante date de 1904 mais que depuis 2001,  son activité est croissante mais bon, ON Y VA !

Le Cotopaxi, vue aérienne depuis l'avion pour Cuenca (début juillet)

Début août, le Cotopaxi vu depuis le parking de la résidence !




Le Cotopaxi vu depuis la route entre Papallacta et Pifo (début septembre 2011)
Première étape : tester le matériel. Direction le grenier de l'hosteria et là, essayage de grosses chaussures qui font que Tristan se revoit déjà sur les pistes de ski, puis prise en main du piolet, des crampons, du casque et des moufles parce que ça ne rigole pas là-haut : le vent peut souffler et alors, ça caille et puis y'a aussi le glacier donc il faut un équipement à la hauteur ! Et oui, dernière chose, l'ascension démarre à minuit donc de nuit ! et pas de soleil pour vous réchauffer un tant soit peu donc il ne faut pas envisager l'ascension à la légère. Matériel : OK !

Deuxième étape : petites courses de dernière minute donc du Gatorade (boissons énergisantes et superhydratantes) et des petits snacks et déjeuner local chez une dame qui sait cuisiner le poulet, elle, pas comme à l'UEMPE ! Et hop, nous voilà tous de nouveau dans le mini-bus rouge : 4 guides équatoriens, 6 étrangers (un couple d'anglaises, physiothérapistes, deux potes avocats américains et nous).

Troisième étape : nous reprenons la route et quittons bientôt la Panaméricaine à hauteur du km 44, chevauchons la voie de chemin de fer pour prendre l'embranchement vers le parc national du COTOPAXI ! Nous nous acquittons du droit d'entrée (2$ par personne) et le minibus continue son voyage brinquebalant : nous entrons au coeur du parc. Nous passons la laguna Limpiopungo (que les parents avaient réussi à atteindre tant bien que mal en avril, malgré la pluie et un véhicule non adapté) et nous découvrons les différents volcans : le Rumiñahui (4 721 m), le Sincholagua (4 916 m) et le Cotopaxi est en vue ! Nous montons, montons, le bus peine quelque peu et me fait quelques frayeurs mais c'est bon, nous atteignons le parking final à 4 500 m d'altitude.




Quatrième étape : tout le monde descend, fait ses sacs, chausse les grosses chaussures pour gagner de la place et c'est parti ! Nous attaquons l'ascension d'une dune de 300 m et à chaque pas, il faut planter les pointes des chaussures pour progresser. Au bout de 45 minutes non sans difficulté ni sueur, nous touchons au but : le refuge à 4 810 m ! Nous sommes donc plus haut que le sommet du Mont Blanc !!! En attendant, il est 16h15, le soleil est là et en contre-bas, un panorama multicolore ponctué de volcans par-ci par-là et au-dessus de nous - nous n'avons jamais été aussi proches du sommet - le glacier et le cratère du volcan !

Marche vers le refuge du Cotopaxi, au-dessus le glacier !



On y est ! 4 810 m, le refuge du Cotopaxi, plus haut que le Mont Blanc !
Cinquième étape : entraînement avec le matériel pour progresser de la meilleure manière possible cette nuit pour l'ascension donc prenez les chaussures, le piolet et on y va ! Un, on croise les pieds, deux, on décroise, trois, on change le piolet de place et on recommence ! Et pour descendre, sur les talons et selon la nature du sol, ça glisse, mais ça on connaît, c'est plus facile. Autour de nous, le soleil joue à cache-cache avec les nuages et illumine le sommet, c'est juste beau et on se trouve déjà chanceux d'être là et d'assister à ce spectacle !






Photo prise par Chouchou (rendons à César hein...)

(également prise par Chouchou, bah oui, moi je suis dessus donc bon...)

Sixième étape : petit dîner léger et au lit ! Il est 18h30, on ne fait pas de vieux os car réveil prévu à minuit pour partir et marcher, marcher,grimper, grimper et ce, pendant sept heures environ si l'on marche bien, pour atteindre la récompense suprême !! Par conséquent, on se remmitouffle comme pour les Illinizas et on essaye de s'endormir rapido pour être au mieux physiquement pour la grande ascension dans quelques heures...

La suite dans le prochain billet...

mardi 20 septembre 2011

Andinisme, partie 2 : Illinizas

Dimanche 11 septembre, nous prenons le large enfin pas trop loin non plus ni trop sur l'eau mais au coeur des Andes et de l'avenue des Volcans !

Après un solide petit déj (du boeuf pour Chouchou, si si) au café de la Vaca ("café de la vache") et les dernières courses nécessaires à notre expédition, c'est les sacs sur le dos que nous quittons la résidence. Le voyage commence par un marathon de bus (et oui encore un !) : le bus tout vert d'Amaguaña pour nous amener à Tambillo, de là, on traverse la Panaméricaine (vous commencez à connaître le chemin, non ?) et on saute dans un bus qui affiche Machachi, un petit bled pas très loin qui remue bien le dimanche, jour de la feria ! De là, nouveau bus pour un bled encore plus petit, El Chaupi où sur la place du village nous devons louer les services d'un pick-up (10 US$) d'un certain âge afin qu'il nous monte au parking de la Virgen ("Vierge").


Vous l'aurez compris, nous ne sommes pas de bonne heure pour nous mettre en marche surtout en haute montagne mais selon les gens, la randonnée dans le parc des Illinizas pour atteindre le refuge ne prendrait que deux heures donc bon, on s'est dit que c'était bon... c'était sans compter sans les réelles informations ! Un plan sommaire nous informe de trois heures trente de marche, aïe, aïe, aïe : qui croire ? En tous les cas, faut se mettre en route ! 15h30 à la montre, on est parti... On croise des gens qui descendent et dès le départ, ça grimpe, doucement mais sûrement et non-stop donc le temps de se délecter du paysage au départ et de trouver notre rythme, nous avançons tranquillement. Au détour de la pause goûter, un jeune homme vient sur le chemin : nous lui demandons si le refuge est encore loin : "2 heures" et lui, il connaît un peu vu que c'est le gardien et qu'on fait bien de le croiser ici parce qu'il descend et sans quoi, il ne remonterait pas et nous aurions trouvé porte close (même si j'avais appelé pour prévenir de notre venue !). Lui, va déposer un truc en bas et remonte donc (même si ce n'était pas prévu, d'ici deux heures, il nous aura rattrapé  lui, il va vite) et nous nous poursuivons toujours accompagnés d'une chienne grosse.

En pick-up




En montant, vue sur le volcan Corazon dont le sommet est caché



En atteignant les hauteurs et la crête, le vent se met à nous souffler dans le k-way et il fait donc plus frais et la respiration s'en trouve également gênée mais on continue. Le gardien nous rejoint bientôt et nous attaquons, selon lui, les derniers 200 mètres... Quelle blague !!! Une côte abrupte, ensablée, le vent et la nuit qui tombe bientôt nous font bien galérer et nous sommes victimes de mirages... Point de soleil brûlant ici et d'oasis en vue mais une pleine lune sous les nuages, l'ombre du Cotopaxi au loin et à chaque virage, chaque rocher nous semble être le refuge ! Les désillusions se multiplient et nous n'en pouvons bientôt plus... Le froid me ronge les mains et j'ai mal, Tristan valse au gré des bourrasques de vents dans le sac à dos et il nous faut faire gaffe car à droite, la pente est abrupte ! Le guide nous a lâchés depuis un moment, il a filé préparer l'eau chaude et nous, nous voulons arriver !! Allez, encore, on y va, des encouragements criés mais qui se perdent dans le vent quand enfin ! De la lumière et la perspective d'un thé chaud ! Nous y sommes, il est 19h30, la nuit est bien tombée et avec elle, les nuages ont laissé place aux étoiles et pour notre émerveillement aux sommets enneigés des Illinizas ! MAGNIFIQUE !

Le refuge en orange, coincé entre les deux pics des Illinizas !

Il fait certes froid, nous n'avons guère envie de nous déshabiller ou même d'aller faire pipi nature dans le froid mais bon, j'avoue que quand en face de toi, t'as ce spectacle bah, ça en vaut bien la peine ! Malheureusement (pour vous), impossible de prendre des photos mais pour nous, les clichés mentaux resteront gravés ! Et donc, une infusion de sumfo nous replonge sur le lac Titicaca car cette plante est bien la même que la muña découverte là-bas et sentir son odeur et sentir l'eau chaude glisser dans nos corps gelés, ça, ça fait du bien ! Pour compléter ma panoplie contre le froid, j'avais plaqué les chaufferettes rapportées par Chouchou et là, j'ai pu enfiler un caleçon polaire tout chaud en plus d'un super pantalon de randonnée exprès fait pour les glaciers donc là aussi polaire + des couches supplémentaires en haut et on peut dîner avant d'aller s’emmitoufler dans le sac de couchage avec bonnet et bouillotte ! Ah oui parce que j'oubliais de vous dire que nous dormions tout de même à 4 700 m d'altitude, pas mal, hein ???

ça cailleeeeeeeeeeeeeeeeeee !
La fatigue, les émotions, l'altitude et le froid nous emportent au royaume de Morphée pour un sommeil plus ou moins correct : mal de crâne pour l'un, mal de dos pour l'autre car le matelas est en U, accompagné du froid, c'est donc tout engourdis que nous nous réveillons au matin. Dehors, nous constatons que tout est bouché, on n'y voit rien : épais brouillard et tout est gelé ! Il est encore tôt et l'ascension pour le sommet prend deux heures de temps, nous pouvons donc patienter encore ici et voir ce que nous faisons... Il est 10h, aucune amélioration, nous décidons donc de refaire les sacs et ne pas nous risquer vers le pic nord mais plutôt de redescendre tranquillement là encore mais bizarrement, ça va beaucoup plus vite : une heure trente et nous sommes de retour au parking !

atteindre les 4 700 m et y dormir : ça, c'est fait !


Au matin, tout est brouillé et blanc !



Allez, on redescend donc !

Les nuages passés, le climat est meilleur et pourtant le sommet reste invisible :(

Nous rappelons le gars de la veille qui vient nous chercher avec son pick-up pour redescendre sur Machachi, enfin, c'était sans compter un aller-retour pour oubli de l'appareil photos sur le parking ! Ouf, on a eu chaud, après 20 minutes passées tout seul, il est toujours là à nous attendre, qu'aurait-on fait sans lui, hein ?
Hosteria Papagayo
Et donc, retour sur Machachi vers 13h et plus exactement à l'hosteria Papagayo où nous pouvons souffler, nous reposer et nous remettre en forme pour le lendemain, le jour J pour notre expédition dans le parc national du Cotopaxi !!

On est content quand même !