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jeudi 30 juin 2011

Laguna de Quilotoa

La semaine passe vite, trop vite... Tandis que Chouchou découvre Quito et le Pasochoa, je dois aller travailler mais mon vendredi libre sera mis à profit pour nous échapper. En effet, le jeudi, Tristan me rejoint à l'UEMPE en début d'après-midi pour se rendre compte de mon environnement de travail : les militaires, les montagnes et ma classe. A peine le cours terminé, nous embarquons dans le 4x4 loué pour l'occasion et nous prenons le large sur la Panaméricaine direction le sud... pas du pays hein, juste de Quito. Une circulation plutôt fluide mais un temps couvert qui ne nous permet pas de faire coucou au Cotopaxi ni même aux Ilinizas, dommage. Nous quittons bientôt la Panam pour une petite route plus paisible à travers les patelins mais la nécessité de trouver de l'essence et du liquide va nous obliger à nous rendre à Latacunga (le seul distrib de Saquisili ne fonctionnant pas, comme souvent ici). Latacunga, c'était pas notre destination, surtout à cette heure, le trafic, impossible de trouver un distributeur si ce n'est sur la place centrale autant dire qu'on a perdu quasi 2 heures... enfin, c'est le charme du voyage.


On arrive à s'en sortir mais il fait déjà nuit, on parvient à prendre la route vers Pujili et de là, une route déserte qui grimpe, grimpe, grimpe nous conduira jusqu'à Tigua. Lors de la montée, nous avons tout de même la chance de découvrir les lumières de Latacunga en contre-bas. Vu l'état de la route en travaux, on est content d'avoir loué un 4x4... Il est 20h30 et nous atteignons notre auberge du soir, la Posada de Tigua... à Tigua, un bled connu pour l'art de ses habitants, un style de peinture qui représente la vie d'ici. Là, nous accueillent avec nos hôtes, un bébé lama sur le pas de la porte. Sa mère l'ayant abandonné, ce sont eux qui s'en occupent. Une bonne soupe bio, du poulet avec de la crème (oui, oui, incroyable mais vrai !) et des petits légumes nous ravissent et satisfont notre estomac en appétit. Sur ce, nous discutons avec nos hôtes qui ouvrent depuis peu leurs portes aux voyageurs. C'était ça ou vendre donc bon, ils continuent de cultiver et de collecter le lait et pour arrondir les fins de mois, ils nous accueillent et ils le font plutôt bien.





Peinture tigua, avec le Cotopaxi en toile de fond



La peur d'avoir froid par cette altitude (3 500m) me fait me coucher bien couverte et en priant pour dormir correctement... surtout pour se lever un peu avant 7 heures afin de donner le biberon au bébé lama mais aussi d'assister à la traite des vaches... Une vraie Martine à la ferme andine, j'ai même réussi à boire un verre de lait que j'avais tiré moi comme une grande... Il ne manquait plus que la tonte du lama et j'étais bonne ! Un petit déjeuner avec des produits maison (fromage, dulce de leche) nous ragaillardit et nous emplit l'estomac pour nous attaquer à... la laguna de Quilotoa non loin d'ici. Nos hôtes y avaient même des terres mais avec les réformes, comme ils en avaient vraiment beaucoup 3 000 hectares, et bien une partie a été redistribuée aux paysans du coin. On croise les doigts pour avoir beau temps, apparemment ça ira, la saison des pluies est passée mais maintenant ce sont les vents qui viennent vous souffler dans la capuche donc bon comme on s'apprête à en faire le tour (12 km de balade), on se couvre (enfin surtout moi, un short de Tristan sous mon pantalon, double chaussettes et double capuche...). Quelques photos et on remet les sacs dans le coffre pour continuer de zigzaguer entre les montagnes. En route, un coucou aux lamas et on prend même en stop deux petites dames avec les chapeaux d'ici, des feutres vert canard, kaki, marron ou noir et elles y ont glissé une plume de paon. C'est sûr que j'en rapporterai un avec mon panama déjà acheté ;-)












Il est 9h30 quand nous nous acquittons du droit d'entrée à Quilotoa (2$) et sur les conseils du petit papy de service, nous entamons la balade par la droite et lui, bah, il garde la voiture, faut pas s'inquiéter ! Il fait beau, on a de la chance, pas un gros soleil qui va nous cramer mais ce qu'il faut pour nous chauffer un peu. A Quilotoa, vous avez deux options, ou bien descendre dans le cratère, côtoyer l'eau cristalline de ce lac sans fond (légende, bien sûr) et remonter à pied ou à mulet ou bien faire le tour, plus long, moins choisi mais voilà, nous on voulait un peu de grimpette donc on est parti ! Nombreuses sessions photos qui permettent de récupérer son souffle (enfin, pour moi encore une fois vu que Chouchou vient de passer 10 jours à plus de 4 000 m, il est habitué, lui). Une lagune sous différents tons bleus et les seules personnes qu'on croisera, des paysans du coin avec une dame qui nous offrira son plus beau sourire (Chouchou en mode planquette l'a capturé pour vous !). Après eux, la lagune est à nous et ses petites montées qui frôlent les 4 000 m. Un pique-nique à l'abri du vent, le tournage de la vidéo pour le pacs des poulettes, le vol des faucons, deux-trois glissades frayeurs, quelques difficultés dans les montées ensablées et des bandes de nuages qui nous privent parfois du paysage mais nous avançons doucement, mais sûrement. Le challenge fut de réussir à prendre la lagune entière en photo... challenge réussi sur la fin du parcours, tout se mérite ! Il est 16h30 quand nous retrouvons la civilisation et notre carrosse. Le petit monsieur lui aussi est toujours là, il a dû nous attendre toute la journée, seuls touristes à laisser une voiture sous sa surveillance, son salaire du jour en somme.






Les seules âmes que nous croiserons pendant la rando





En entier ! 




Fleurs de Quilotoa


Un été séparés l'un de l'autre pour mieux se retrouver en septembre et partir à l'assaut de ces montagnes/volcans qui font la beauté de l’Équateur !Pour nous, la balade se poursuit en voiture cette fois, étant donné notre véhicule, nous décidons de nous aventurer sur la boucle de Quilotoa qui permet de traverser des paysages superbes et des villages isolés. Pour les villages, c'est clair, c'est loin, perdu et les gens ne voient pas passer beaucoup de voitures par ici. Du coup, s'il y en a une, ils en profitent, on a encore pris une dame en stop et on a fait pleins de coucous aux enfants sur le bord de la piste (oui, route on ne peut pas dire ça). Le seul hic c'est qu'à cette heure, pour les paysages, c'est tendu, les nuages ont pris possession des lieux et nous privent des ravins impressionnants, tant pis... Chugchilan puis Sigchos et bientôt c'est le déluge, la nuit tombe, ça monte, ça descend, on ne peut vous dire jusqu'à combien on est monté mais ça grimpait sévère parfois ! La nuit enrobe les Ilinizas voisines et nous en prive une nouvelle fois... La route pavée puis bitumée réussit à nous mener jusqu'à la Panaméricaine et de là, à Quito, ou du moins à la résidence où nous passerons notre dernière soirée. Préparatifs du sac pour Chouchou car oui, demain, samedi 18, c'est la date du retour en France... En attendant, c'est le cœur gros que nous nous rendons à l'aéroport et que nous nous disons au revoir.

dimanche 8 mai 2011

Referendum du 7 mai : la consulta

Pour être la plus complète et la plus à jour possible avec ce qui se passe ici, je me dois de vous parler du grand évènement national qui a eu lieu hier : la consulta, c'est-à-dire le referendum.



Contrairement à ce qui peut se passer chez nous, ce referendum présente 10 questions. La première parle de la prison préventive, la troisième de l'implication financière des actionnaires et de celles que je comprends plus, la numéro 7 parle d'interdire les jeux de hasard à des fins de richesse et donc d'interdire les établissements tels que les casinos et les salles de jeux. La numéro 8 également m'est plus compréhensible, on parle d'interdire de tuer des animaux en spectacles comme pour la corrida ou les combats de coqs. La question 9 parle de la création d'un conseil de régulation pour les médias, un peu comme notre CSA à nous et enfin, la 10 aborde la question de la sécurité sociale.


Rappelez-vous, je vous disais justement que mardi soir à Guayaquil, il y avait un meeting pour le Oui, les partisans donc du président Correa. Car ici, bien qu'avant nous ne comprenions pas bien avec mon compatriote français, pourquoi ils militaient pour le oui ou pour le non sachant que selon les questions, la réponse pouvait différer, la fin de l'histoire est que si le Oui l'emporte, cela signifie que le peuple soutient les propositions faites par le gouvernement donc soutient Correa et si le Non l'emporte, le peuple montrerait son désaveu.


Le contexte faisait donc que lors de mon voyage, le long de la route on pouvait voir des affiches avec notamment un homme portant dans ses bras un coq (référence à la 8) et un autre jour, dans le resto, une autre affiche abordant la même question sous l'angle des taureaux. Pour le dimanche 1er mai, c'est une autre manifestation à laquelle nous avons pu assister sur le Malecon de Manta et là, des banderoles abordaient la question 7, à propos des jeux de hasard.



De plus, ce contexte de la consulta a fait que depuis jeudi midi, le pays entrait en Ley seca c'est-à-dire interdiction était faite d'acheter, de vendre ou de consommer de l'alcool. Il faut être en bonne condition pour voter et cela même après les résultats annoncés ce samedi. En fait, on m'a même expliqué que normalement tous les dimanches c'est ainsi à cause du trop grand nombre d'accidents observés ce jour-là. A ma petite échelle, dans mon petit monde avec les militaires, cela fait qu'il y avait "concentration", ils étaient tous en service, sur la bas au cas où il y aurait des débordements et qu'il faille intervenir.

Ah oui, j'oubliais de mentionner que le vote ici n'est pas obligatoire mais c'est tout comme car lors de votre passage aux urnes, on vous délivre un papier qu'il faudra alors présenter pour certaines démarches administratives telle que la demande d'un passeport ou pour la vente d'une voiture donc bon, pas folle la guêpe, les gens sont donc obligés d'y aller. Pour les militaires, ils ont le droit de voter depuis peu, depuis l'élection de Correa seulement car avant les régimes n'étant pas forcément si détachés que ça de l'armée, il y avait conflit d'intérêt...



Et donc... vous vous demandez quel fut le résultat...
Et bien apparemment le Si l'emporterait de peu et donc avant d'annoncer une quelconque victoire, le CNE (Consejo Nacional Electoral, organisme national chargé de compter les votes) demande donc à la population d'être patiente afin d'avoir des résultats définitifs certains !

Un article en anglais ici (merci Chouchou) ;-) et un autre . L'article du Courrier international encore ici et celui de RFi .

Bonne semaine à vous tous !




samedi 7 mai 2011

Pacifique : partie 2, Ruta del sol hasta Montañita !

Une fois la cérémonie achevée, les habits formels troqués pour une tenue plus décontractée, nous pouvons partir à l'aventure en ce lundi matin 2 mai.


A la sortie de Manta, notre premier stop se fera à Ciudad Alfaro, le musée civique situé à Montecristi et dédié à la mémoire d'Eloy Alfaro, guerillero et homme politique né ici même. Il fut président de l'Equateur entre 1895 et 1901 puis de nouveau de 1906 à 1911. Il participa à la réforme de la Constitution avec de grands changements tels que : pour la première fois dans l'histoire de l'Équateur, cette constitution n'invoque pas Dieu dans son préambule, met fin au Concordat avec l'église catholique institué par García Moreno. Malgré son éviction du pouvoir, il revient en 1905 et convoque une nouvelle assemblée constituante, qui proclame la laïcité de l'État et du système éducatif, la séparation de l'Église et de l'État, et introduit la liberté de culte. Renversé en 1911, il fuit au Panama et retente de prendre les armes à Guayaquil en 1912. Hélas, il échoue et sera lynché dans les rues de Quito puis emprisonné en 1912, il meurt de ses blessures. Le musée (en forme de condor vu du ciel) présente aussi le mausolée d'Eloy Alfaro ainsi que le salon diplomatique où fut rédigée, votée l'assemblée constituante du pays en 2007-2008.

Eloy Alfaro

L'entrée du mausolée se fait dans le tunnel qui fait office de cou au condor vu du ciel

Dans le mausolée, statue en bronze symbole. Devant elle, l'urne avec les cendres du défunt.


La salle où fut établie l'assemblée constituante

Le train de l'Unité nationale

En parallèle à cette histoire, le musée conte la culture locale telle l'élaboration du chemin de fer le plus difficile au monde (celui-là même de la Nariz del diablo emprunté avec les parents il y a deux semaines), le grand apport de richesses par la fabrication des célébrissimes panama. En effet, ces chapeaux ne sont originaires que d'ici car la paille dont ils sont faits, la paja toquilla ne se trouve qu'ici, le savoir-faire même du tissage fait la fierté de la localité même si les artisans sont désormais de moins en moins nombreux. Le Montecristi est donc un des plus fins au niveau du tissage et le prix s'en ressent. Là, dans les boutiques face aux musées, pour un joli chapeau de qualité, il faut compter minimum 50US$ (35 euros). 


Montecristi en cours de réalisation

On trouve également dans la région la tagua (article Wiki, intéressant), la graine d'un palmier (Phytelephas Macroparpa) aussi appelée "corozo" ou "ivoire végétal". Sur la côte, on en fait des bijoux, des objets sculptés. La couleur naturelle blanche et marron peut être conservée, ou bien elle est peinte. J'ai par exemple, acheté des colliers peints mais aussi des boucles d'oreilles "naturelles".


Le bloc retiré du palmier et dans les trous on trouve cette grosse graine, un peu comme un marron

Dans le sac du haut, des taguas

Mes colliers et mes boucles d'oreilles en forme de petits poissons ! On est à la mer, non ?
La fin de la visite marque notre retour dans la voiture et notre voyage peut reprendre. Nous filons enfin sur le bitume de la célèbre Ruta del Sol (Route du soleil). A nous les petits villages, les pêcheurs, la mer, les vagues. C'est chouette, il n'y a pas à dire. Notre prochain stop a lieu à Machalilla pour prendre à boire afin de nous rendre à la célèbre plage de Los Frailes, une des plus belles de la région. En réalité, il y en a trois là. La particularité c'est qu'elles se trouvent dans le parc national ainsi pas d'infrastructures sur le rivage et donc que du naturel ! Après nous être acquitté des 2US$ par personne de l'entrée au parc, on atteint le parking et on descend sur la première plage, la seule où la baignade est autorisée. Nous marchons un peu pour atteindre le mirador et découvrir le rivage. La deuxième plage appelée "tortuguita" est un lieu de ponte jusqu'à avril pour les tortues. Plus loin, la petite Isla Sucre. Il est possible de poursuivre la balade vers ces plages via le sentier côtier banalisé. Pour nous, c'est plutôt retour sur la plage des crabes (oui, oui, y'en a tout plein, des pas trops grands mais ils sont présents), la première où on peut aller faire trempette, histoire de se rafraichir sous le soleil qui cogne. Agréable à souhait.
Machalilla
Sur la plage de Machalilla
Entre Machalilla et Puerto Lopez
Pause fraîcheur autour d'une coco glacée
Habitant de la plage protégée de Los Frailes, crabe rouge


Plage de Los Frailes

Vue sur la plage aux tortues, Totugita, parc national de Machalilla


Après l'effort, le réconfort et rien ne vaut un petit repas à base de fruits de mer bien sûr dans un des petits restos qui bordent la plage du village suivant, Puerto Lopez. Là encore, devant nous, les tricimotos sont les rois du bitume et les bateaux de pêche, les rois de la mer. Anecdote : en allant faire pipi, je traverse le troquet/maison des gens et dans le jardin, à l'évier en béton gris, la grand-mère est en train de laver la pêche du jour, des calamars qui seront servis ce soir aux clients !


Plage de Puerto Lopez




La journée avance tranquillement et la fin de notre route pour aujourd'hui s'annonce lorsque nous atteignons la célèbre Montañita. C'est LE village de la côte, là où il faut venir enfin, surtout les touristes internationaux. Paradis des surfeurs, c'est là THE spot. Des hostals et autres cabanes sur pilotis le long de la plage, le villa a des airs de hippies en ce lundi soir plutôt tranquille. On chante sur la plage avec la guitare, on jongle dans la rue, on entame une danse folle au rythme des percus, bref, on s'amuse gentiment. Le week-end, la fête bat assurément son plein ; happy hours et autres discothèques. On regarde le soleil se coucher et quand il se lève, on se couche ou bien on médite sur les rochers. Tel est le rythme de Montañita.


Cabane sur pilotis à Montañita
Montañita, paradis des surfeurs





Pour nous, plus soft mais agréable néanmoins, on pose nos sacs dans un hôtel qui offre une piscine extérieur et un jacuzzi, chic ! Ma chambre donne sur la mer et un hamac est stratégiquement placé devant ma porte, le bruit des vagues me bercera. C'est la Dolce vita à Montañita !