jeudi 21 juillet 2011

Canoooooooa !

Clémentine enfin en vacances après 6 mois de stage à sauter de bus en bus pour rendre visite à ses communautés, l’occasion nous est donnée de nous balader. Première excursion : la côte ! Clémentine n’y a pas encore mis les pieds, le croyez-vous ? De mon côté, j’ai déjà pu parcourir la fameuse Route du Soleil au début du mois de mai, de Manta à Guayaquil. Qu’à cela ne tienne, nous irons donc un poil plus au nord, notre objectif, le petit village de Canoa.


 L’idée de départ était de nous y rendre en bus en nous retrouvant au croisement d’Aloag sur la Panaméricaine, Clémentine remontait de Latacunga et moi je descendais de Sangolqui sauf que le matin même au détour d’une conversation triviale de début de cours sur le thème : « qu’est-ce que vous allez faire ce week-end ? », un de mes étudiants évoque son départ imminent (juste après la classe) vers la côte, vers Portoviejo. Ce à quoi je réponds : « moi aussi ». Il n’en faut pas plus car étant donné qu’il va y retrouver sa femme, il est seul dans la voiture… J’appelle Clem et nous voilà vers 14h en route vers la côte, même pas besoin de galérer avec le bus, Angel nous avancera d’une bonne longueur.
Nous empruntons une route que je ne connaissais pas alors, celle de Santo Domingo de Los Colorados (ou de los Tsachilas). Le paysage se fait rapidement vert et tropical, on quitte la Sierra et les hauteurs pour des températures plus clémentes. la route descend, descend, descend, la circulation est fluide mais ils roulent tout de même comme des fous à se dépasser, redépasser… Quelques heures de route et nous traversons : Alluriqui (où nous découvrons la pâte de goyave et où nous retrouvons le sucre en barre molle comme à Baños, ils sont sur leur pas de porte à étirer la pâte avec une clou accroché là, toute une technique, c’est impressionnant), Santo Domingo de los Tsachilas, El Carmen (ville très pauvre selon les apparences et les cabanes en bois qui la constituent) et enfin, l’heure du miam miam, il est presque 17h donc il était temps. Là, à notre stop miam miam, un bus affiche notre destination « Bahia de Caraquez » mais on se dit qu’on aura vite fait de le rattrapper plus loin donc continuons en voiture… sauf que jamais on ne reverra le bus. A Chone, normalement nos chemins se séparent Angel vers Porto Viejo et nous vers Canoa si on trouve un bus… sauf que voilà, on arrive trop tard et plus de bus : que faire ? Angel propose donc de nous pousser jusqu’à Rocafuerte. Il est 19h30 quand nous y arrivons et là, soulagement un bus repart à 21h pour Bahia. La bise à Angel et nous patientons jusqu’à l’heure dite. 22h Bahia de Caraquez, un taxi et direction l’hostal « Bahia Bed and breakfast » réservé par téléphone. A l’approche du centre-ville, les rues ne sont pas très animées pour un vendredi soir, ce sera donc dodo tôt pour être d’attaque le lendemain. Ah oui, l’hostal, tout en bois, vieillot, a les lames de plancher qui craquent, une sacrée odeur de renfermé, un hall de réception avec des portraits à faire peur et des faux cadres peint sur le mur J Notre chambre est au premier étage, un escalier raide raide raide, les marches étroites à monter et là, 5 lits pour nous, une fenêtre qu’on ne peut fermer car les lits ont été placés là et une douche collector : un tuyau qui sort du mur ! Mais bon pour 8$ par nuit par personne avec petit déj, fallait pas s’attendre à un palace.
Le lendemain, par la fenêtre nous découvrons Bahia mais le soleil n’est pas au rendez-vous, un ciel bas, gris, des maisons en bois, des vélos-taxis et des bananes sur le marché d’en bas. Il ne fait pas très chaud mais ça va, c’est agréable… Un peu l’impression d’être dans les vieilles Antilles parfois. Une douche au tuyau, un petit déj tout jaune (jus, fruit, beurre) et nous voilà reparties pour Canoa. Comment faire depuis Bahia de Caraquez ? Et bien vous vous dirigez vers le quai et là, vous montez dans un petit canot à moteur pour traverser la baie (Bahia) et arriver à San Vicente de l’autre côté (0,30$). Pour l’occasion, vous avez une vue imprenable sur le plus long pont d’Equateur construit il y a peu par le corps d’ingénieurs militaires et ils en sont TRES TRES fiers… sauf que bon, par rapport à notre viaduc de Millau, il fait pâle figure mais on ne dit rien de peur de les vexer ;-) Débarquement à San Vicente, un taxi-moto pour atteindre Canoa ? Euh, non, un bon vieux bus dans lequel je me fais faucher ma place à côté de ma copine, une petite vieille dame entrée avant moi a été plus rapide, hihi. 0,50$ et une demi-heure plus tard, on nous dépose enfin à Canoa, petit village de vacances plutôt paisible comparé à l’agitation de Montañita. Il fait toujours gris mais la balade n’en est pas pour autant désagréable.

Bahia de Caraquez

Pont Bahia-San Vicente
miam miam ! Après quelques repérages, on pose les sacs à l’Hotel Bambu, l’hôtel le plus à droite de la plage, agréable et ô mince, repaire à touristes. Tant pis, la cabane est prise et on est contente de se décharger de nos paquetages pour se balader plus librement… Que faire donc ici ? Et bien… rien ! On a eu beau enquêter auprès du personnel de l’hôtel ou d’une agence, la seule chose à faire un peu à l’extérieur c’est visiter une ferme biologique sauf qu’on s’y prend un peu tard et que le transport privé n’est pas dans nos prix donc… farniente sur la plage, dodo, déjeuner de poisson, petite balade, se laisser bercer dans un hamac, boire des jus de fruits et remanger voilà donc ce que fut notre journée à Canoa.

Plage de Canoa





















Bon en même temps, il ne fallait pas s’attendre à autre chose et puis ça fait du bien aussi de se poser et d’en profiter un peu… pas toujours à courir après un bus, Clem en fait déjà pas mal et de mon côté, pour regagner Quito le lendemain… y’en a pour 8 heures ! La journée touche à sa fin et on aperçoit (enfin) le soleil au moment de son coucher mais rapido hein parce que la bande de nuages a vite fait de nous le recacher… On a donc passé la journée à glander sans trop savoir l’heure qu’il était totalement déboussolées même car notre repère solaire n’était plus, bizarre sensation. Le soir, un cocktail, du poisson et du vin pour profiter de la nuit en terrasse et nous voilà somme toute contentes de notre journée à Canoa.





Le lendemain, dimanche 2 juillet, lever pas très tard car il nous faut reprendre la route : 8h, passage du bus pour Pedernales (3$).

Haltères improvisées

Dernier cliché au petit matin : le plagiste en attendant les clients profite de SA plage

10h, nous arrivons au terminal de Pederbales où je laisse Clémentine continuer sa route le long de la côte vers le nord tandis que moi, j’embarque dans un bus tout pourri pour retourner sur Santo Domingo (4$). 13h Santo Domingo, terminal, nouveau bus jusqu’à Tambillo. Seul hic, je suis au numéro 44, c’est-à-dire tout devant à droite avec une vue imprenable sur la cabine du chauffeur. Quand la porte entre la cabine et le bus est ouverte, je vois la route et ça fait peur comment il conduit le type… On a même atterri sur un terre-plein à droite parce que sinon ses freins ne suffisaient pas et on rentrait dans le bus de devant… Je vous jure ces chauffeurs de bus équatoriens, de vrais barjos et avec lui, ses comparses qui la porte extérieure ouverte tendent les bras, style : « je suis le maître du monde ». Des cinglés je vous dis ! Tambillo, je descends du bus encore en marche et manque de me prendre une de ces gamelles, je fais style de rien mais ils doivent rire dans le bus… Descendre sur la place et monter dans un bus Amaguaña, là non plus, pas dans le meilleur état mais avec un chauffeur qui a décidé de prendre son temps donc… on n’avance pas d’un pouce ! L’entre-deux, ils ne doivent pas connaître ici. Enfin, la ESPE est en vue, il est 16h, fin du week-end et du marathon de bus aux chauffeurs fous… jusqu’à la prochaine fois !

mardi 5 juillet 2011

Dernières nouvelles

Mes étudiants me faisant quelque peu faux bond ces jours-ci, le temps m'est laissé ce soir pour continuer de vous conter mes dernières aventures équatoriennes.

Chouchou parti (18-06), c'est le cœur gros que j'ai mis le cap dans l'après-midi pour Latacunga, la première "grosse" ville au sud de Quito, sur la Panaméricaine. Si vous suivez bien, c'est le fief de Clémentine et la sachant sur la fin de son séjour ici, il faut en profiter pour découvrir son univers à elle : celui de la Sierra (la région centrale andine du pays) et les communautés paysannes. Un bus "Amaguaña" attrapé devant le campus, je file vers Tambillo et de là, à traverser la Panaméricaine (sur la passerelle bien sûr, pas comme ces fous sur la route même) pour espérer grimper dans un bus... sauf que je ne suis pas la seule et que comme les bus filent plus au sud que Latacunga, ils embarquent d'abord les passagers qui iront le plus loin... Je passe mon tour quand un jeune équatorien s'approche et me dit "Latacunga ?", bah oui et me désigne un bus sorti de nulle part, je pique un sprint, double un jeunot au passage (je tiens la forme même sans faire du sport ;-)) et je m'assois sur le premier siège ! Yes, j'y suis mais y'avait pas le feu au lac, le bus est à peine rempli donc on attend d'autres passagers soulagés par la bonne aubaine ! Il est 17h30, le voyage panaméricain peut commencer, la chance est avec moi, le temps est dégagé contrairement à il y a deux jours quand on a fait ce même bout de route avec Chouchou. Par conséquent, le Cotopaxi est là, je ne l'avais vu d'aussi près, les Illinizas aussi et dans la lumière du couchant les neiges du "Cou de la lune" - la traduction du nom indigène du Cotopaxi - se pare d'orangés, rose, mauve, je ne le quitte pas des yeux, je suis bien placée, à gauche dans le bus (désolée, pas de photos mais j'espère en septembre). Une petite consolation pour la peine qui me ronge depuis le matin...


Cotopaxi au coucher du soleil (photo extraite du web)
 "Latacunga, terminus, tout le monde descend !" Hop, un taxi et direction les bureaux d'Heifer, l'ONG où bosse et loge Clémentine. Du blabla entre copines et Clémentine m'invite à découvrir LA spécialité gastronomique de la ville les "llapingachos". En fait, ce sont des galettes de pommes de terre cuisinées avec du fromage mais le seul fait que ce ne soit pas du riz et bien des patates pour nous, c'est que du bon ! Pour cela, on est allé dans le Latacunga populaire de l'autre côté de la passerelle, à l'opposé du centre ville, dans une gargotte reconnue car il y a la queue devant l'étal. Nous, nous restons manger sur place, juste derrière l'étal avec une ou deux familles d'équatoriens sur une table et on aime. Dans l'assiette donc, les fameux llapingachos avec de l'avocat, un peu de viande et une petite salade composée. De quoi nous caler, nous réchauffer car Latacunga est l'une des villes les plus froides d'Equateur même si ce soir, ça va et nous remplir l'estomac pour bien dormir !

Vendeuse de llapingachos (photo web)
 Ici la recette, à vous de jouer !

Ingrédients

- 4 livres de pommes de terre
- 1 oignon blanc finement coupé
- 4 cuillères d'huile avec de l'achiote (comme on l'appelle ici, sinon c'est le roucou, le fruit d'un arbre)
- 250 gr de fromage râpé
- 2 blancs d’œufs
- sel selon votre goût

Préparation

- Faites revenir l'oignon dans l'huile.
- Faites cuire les pommes de terre et une fois cuites, écrasez-les pour en faire une purée
- Ajoutez l'oignon frit à la purée et formez des boules
- Faites un trou dans la boule et insérez le formage râpé, fermez et aplatissez pour former des galettes
-Dans une poêle, faite-les dorer.

Conseils

Servez avec de la salade, des tomates et de l'avocat.

Le plat de llapingachos (photo web)
  Le lendemain, dimanche, levées à 6h et décollage à 7h, hop un taxi encore et la Panaméricaine de nouveau, toujours en directions du sud, jusqu'à Ambato. Un bus arrive juste, nous grimpons dedans mais à l'intérieur, tout le monde dort et l'odeur des couvertures et du renfermé n'est pas des plus agréables... contrairement à ce qui se passe dehors. Il fait beau et j'ai de la chance car devant nous, deux volcans sont visibles... Même Clémentine qui fait cette route tous les dimanches ne les a jamais vus aussi dégagés. A gauche, le Tungurahua, 5 023m d'altitude, il est situé près de Baños, celui-là même qui peu après le départ des parents fin avril est de nouveau entré dans une phase explosive. Et, à droite, le grand Chimborazo, le plus haut sommet du pays, 6 268 m, il est situé près de Riobamba et son diamètre au pied est de 20 km, imaginez un peu la bête. Tandis que le premier ne présente pas de sommet sous la neige, le second en a la crête couverte et sur le fond bleu, c'est juste beau ! Nous continuons de le côtoyer en bus, lors de notre voyage Ambato-Quisapincha, un village où Clémentine travaille. Le dimanche c'est jour de marché (chic ! chic ! chic !), l'occasion de renouer avec nos habitudes boliviennes et de déguster un jus de fruit au stand d'une petite dame, miam !

Le volcan Tungurahua (photo web)
Le volcan Chimborazo (photo web)
 Ce mois-ci, ce sont les fêtes du village. Dommage pour nous, la corrida de taureaux c'est pour la semaine suivante mais en même temps, en voyant les tribunes qui ont été installées, un enchevêtrement de planches qui fait qu'on se demande bien comment ça tient et s'il n'y a pas des accidents, on s'estime un peu soulagées. Clémentine s'attelle avec ses "compañeros" ("compagnons") à leur faire comprendre le fonctionnement du logiciel de micro-crédit en nature, à leur faire remplir correctement les fiches pour que le suivi soit assuré, la scène est épique et ces petits messieurs sont tout de même bien attachants. L'un avec son feutre gère à peu près la crise et un autre entre avec son bob (véridique) estampillé mickey et présente les papiers, s'inquiétant bien régulièrement "c'est bon hein ? j'ai bien fait ?" tel un enfant de... 50 ans. Drôle.

Détails des tribunes en bois
 Je laisse Clémentine à ses compagnons et je m'aventure au milieu des tribunes où se tient en ce matin la foire aux bestiaux ! Oui, j'aime ! La forêt de chapeaux de ces dames, leurs sacs tendus où les cuyes (cochons d'inde d'ici, un peu plus gros et qu'on mange) s'agitent, les cochons qui grouinent, un mouton qui pend les pattes en l'air, la tête en bas, la gorge tranchée et la bassine en-dessous pour récupérer le sang, oui, j'aime ! J'assiste au spectacle en touriste et intruse car je suis la seule ! Peu de touristes montent ici, je suis donc une privilégiée et je me mets en retraits appuyée sur les remparts en bois pour continuer d'observer la scène. Pas de photos, prudence oblige même si, si ça se trouve, j'aurais pu faire d'excellents clichés, photos mentales pour moi et vous, place à votre imagination. Pour parfaire la scène et vous aider à imaginer, les femmes d'ici sont habillées d'une jupe noire, un haut sombre également mais en général elle attache sur leurs épaules une étoffe épaisse (polaire ?) bleu turquoise ou rose fushia, le contraste y fait, c'est chouette. Quelques-unes d'entre elles me souriront : "tiens, mais qu'est-ce qu'elle fait là elle avec son k-way "quechua" ?". Autour des tribunes, les pick-up sont garés et leurs chauffeurs attendent les clients et leurs marchandises pour les emmener encore plus haut dans les villages du paramo. Les cochons font des siennes à la montée, on les attrape par les oreilles, on leur tape sur les fesses bref ils monteront coûte que coûte. Au bout d'un moment, un des chauffeurs vient s'enquérir de ma personne et de mon investigation, étonné de voir une touriste dans le coin.


Il est presque midi quand Clémentine se libère, nous retrouvons devant l'église Maria et Zita mes voisines de la résidence également en visite dans le coin, dans la famille de Maria. Un petit tour sur le marché, des empanadas en passant parce qu'il fait faim mine de rien et nous nous séparons de mes voisines pour quelques emplettes. D'abord, à même le sol, nous achetons enfin ces petits ceinturons tissés qui me plaisent tant et qui ornent et les ceintures des dames et leurs nattes, j'adore. Je n'en achète que deux mais l'envie de dévaliser l'étal de la dame est forte (le porte-monnaie est juste à sec :-(). Une prochaine fois pour pouvoir réaliser des cadres originaux pour mes photos... Suite du shopping dans les boutiques et oui, malgré le caractère rustique des rues en terre, des maisons en adobe, Quisapincha est l'autre capitale équatorienne du cuir (avec Cotacachi où nous sommes également allées le 14 mai dernier). Hélas, il y a encore moins de choix et ce sont surtout des vestes, des chaussures formelles qui sont en vitrine, rien d'original, d'un peu ethnique d'ici donc nous revenons les mains vides, juste contentes de nos ceinturons tissés très bon marché (1,50$ l'un). L'heure avance et après avoir fait toutes les boutiques, il est 14h30, il fait beau et Quisapincha n'offrant ni un café, ni une terrasse où siroter un verre, nous décidons de redescendre et de nous arrêter au Parque de la familia, sur les hauteurs d'Ambato, la balade dominicale typique des familles d'ici, on suit donc. Il fait beau, c'est agréable, un peu chaud et de l'herbe, il n'en faut pas plus pour voir deux étrangères s'allonger et s'endormir pour une petite sieste.
Vue d'Ambato depuis le parque de la familia

Les fameux ceinturons


Mais pas trop longtemps car il me faut rentrer sur Quito donc on redescend sur Ambato, le terminal et de là, bus pour moi jusqu'à Sangolqui, normalement j'arrive à temps pour prendre le dernier bus qui me conduira à la résidence... sauf que c'était sans compter sur un accident sur la Panaméricaine, juste après Latacunga et donc, des ralentissements incroyables, un bouchon qui nous fait perdre quasi une heure et donc à moi, mon bus. Même si le bus me dépose presque à côté du campus, rentrer à pied n'est pas envisageable, au dit rond-point du Colibri, d'autres jeunes désespèrent de trouver un taxi quand enfin, l'un se présente et allant dans la même direction, nous partageons, ouf, je suis sauvée, j'y laisse mes dernières pièces et je file vite défaire mon sac et m'endormir la tête pleine de volcans, de dames joliment habillées et de cris d'animaux. Quant aux pensées du cœur, elles sont bien arrivées à destination, là-bas, trop loin mais bien vite il sera de retour !

jeudi 30 juin 2011

Laguna de Quilotoa

La semaine passe vite, trop vite... Tandis que Chouchou découvre Quito et le Pasochoa, je dois aller travailler mais mon vendredi libre sera mis à profit pour nous échapper. En effet, le jeudi, Tristan me rejoint à l'UEMPE en début d'après-midi pour se rendre compte de mon environnement de travail : les militaires, les montagnes et ma classe. A peine le cours terminé, nous embarquons dans le 4x4 loué pour l'occasion et nous prenons le large sur la Panaméricaine direction le sud... pas du pays hein, juste de Quito. Une circulation plutôt fluide mais un temps couvert qui ne nous permet pas de faire coucou au Cotopaxi ni même aux Ilinizas, dommage. Nous quittons bientôt la Panam pour une petite route plus paisible à travers les patelins mais la nécessité de trouver de l'essence et du liquide va nous obliger à nous rendre à Latacunga (le seul distrib de Saquisili ne fonctionnant pas, comme souvent ici). Latacunga, c'était pas notre destination, surtout à cette heure, le trafic, impossible de trouver un distributeur si ce n'est sur la place centrale autant dire qu'on a perdu quasi 2 heures... enfin, c'est le charme du voyage.


On arrive à s'en sortir mais il fait déjà nuit, on parvient à prendre la route vers Pujili et de là, une route déserte qui grimpe, grimpe, grimpe nous conduira jusqu'à Tigua. Lors de la montée, nous avons tout de même la chance de découvrir les lumières de Latacunga en contre-bas. Vu l'état de la route en travaux, on est content d'avoir loué un 4x4... Il est 20h30 et nous atteignons notre auberge du soir, la Posada de Tigua... à Tigua, un bled connu pour l'art de ses habitants, un style de peinture qui représente la vie d'ici. Là, nous accueillent avec nos hôtes, un bébé lama sur le pas de la porte. Sa mère l'ayant abandonné, ce sont eux qui s'en occupent. Une bonne soupe bio, du poulet avec de la crème (oui, oui, incroyable mais vrai !) et des petits légumes nous ravissent et satisfont notre estomac en appétit. Sur ce, nous discutons avec nos hôtes qui ouvrent depuis peu leurs portes aux voyageurs. C'était ça ou vendre donc bon, ils continuent de cultiver et de collecter le lait et pour arrondir les fins de mois, ils nous accueillent et ils le font plutôt bien.





Peinture tigua, avec le Cotopaxi en toile de fond



La peur d'avoir froid par cette altitude (3 500m) me fait me coucher bien couverte et en priant pour dormir correctement... surtout pour se lever un peu avant 7 heures afin de donner le biberon au bébé lama mais aussi d'assister à la traite des vaches... Une vraie Martine à la ferme andine, j'ai même réussi à boire un verre de lait que j'avais tiré moi comme une grande... Il ne manquait plus que la tonte du lama et j'étais bonne ! Un petit déjeuner avec des produits maison (fromage, dulce de leche) nous ragaillardit et nous emplit l'estomac pour nous attaquer à... la laguna de Quilotoa non loin d'ici. Nos hôtes y avaient même des terres mais avec les réformes, comme ils en avaient vraiment beaucoup 3 000 hectares, et bien une partie a été redistribuée aux paysans du coin. On croise les doigts pour avoir beau temps, apparemment ça ira, la saison des pluies est passée mais maintenant ce sont les vents qui viennent vous souffler dans la capuche donc bon comme on s'apprête à en faire le tour (12 km de balade), on se couvre (enfin surtout moi, un short de Tristan sous mon pantalon, double chaussettes et double capuche...). Quelques photos et on remet les sacs dans le coffre pour continuer de zigzaguer entre les montagnes. En route, un coucou aux lamas et on prend même en stop deux petites dames avec les chapeaux d'ici, des feutres vert canard, kaki, marron ou noir et elles y ont glissé une plume de paon. C'est sûr que j'en rapporterai un avec mon panama déjà acheté ;-)












Il est 9h30 quand nous nous acquittons du droit d'entrée à Quilotoa (2$) et sur les conseils du petit papy de service, nous entamons la balade par la droite et lui, bah, il garde la voiture, faut pas s'inquiéter ! Il fait beau, on a de la chance, pas un gros soleil qui va nous cramer mais ce qu'il faut pour nous chauffer un peu. A Quilotoa, vous avez deux options, ou bien descendre dans le cratère, côtoyer l'eau cristalline de ce lac sans fond (légende, bien sûr) et remonter à pied ou à mulet ou bien faire le tour, plus long, moins choisi mais voilà, nous on voulait un peu de grimpette donc on est parti ! Nombreuses sessions photos qui permettent de récupérer son souffle (enfin, pour moi encore une fois vu que Chouchou vient de passer 10 jours à plus de 4 000 m, il est habitué, lui). Une lagune sous différents tons bleus et les seules personnes qu'on croisera, des paysans du coin avec une dame qui nous offrira son plus beau sourire (Chouchou en mode planquette l'a capturé pour vous !). Après eux, la lagune est à nous et ses petites montées qui frôlent les 4 000 m. Un pique-nique à l'abri du vent, le tournage de la vidéo pour le pacs des poulettes, le vol des faucons, deux-trois glissades frayeurs, quelques difficultés dans les montées ensablées et des bandes de nuages qui nous privent parfois du paysage mais nous avançons doucement, mais sûrement. Le challenge fut de réussir à prendre la lagune entière en photo... challenge réussi sur la fin du parcours, tout se mérite ! Il est 16h30 quand nous retrouvons la civilisation et notre carrosse. Le petit monsieur lui aussi est toujours là, il a dû nous attendre toute la journée, seuls touristes à laisser une voiture sous sa surveillance, son salaire du jour en somme.






Les seules âmes que nous croiserons pendant la rando





En entier ! 




Fleurs de Quilotoa


Un été séparés l'un de l'autre pour mieux se retrouver en septembre et partir à l'assaut de ces montagnes/volcans qui font la beauté de l’Équateur !Pour nous, la balade se poursuit en voiture cette fois, étant donné notre véhicule, nous décidons de nous aventurer sur la boucle de Quilotoa qui permet de traverser des paysages superbes et des villages isolés. Pour les villages, c'est clair, c'est loin, perdu et les gens ne voient pas passer beaucoup de voitures par ici. Du coup, s'il y en a une, ils en profitent, on a encore pris une dame en stop et on a fait pleins de coucous aux enfants sur le bord de la piste (oui, route on ne peut pas dire ça). Le seul hic c'est qu'à cette heure, pour les paysages, c'est tendu, les nuages ont pris possession des lieux et nous privent des ravins impressionnants, tant pis... Chugchilan puis Sigchos et bientôt c'est le déluge, la nuit tombe, ça monte, ça descend, on ne peut vous dire jusqu'à combien on est monté mais ça grimpait sévère parfois ! La nuit enrobe les Ilinizas voisines et nous en prive une nouvelle fois... La route pavée puis bitumée réussit à nous mener jusqu'à la Panaméricaine et de là, à Quito, ou du moins à la résidence où nous passerons notre dernière soirée. Préparatifs du sac pour Chouchou car oui, demain, samedi 18, c'est la date du retour en France... En attendant, c'est le cœur gros que nous nous rendons à l'aéroport et que nous nous disons au revoir.